Par Alicia Trotin et Maude Rebreyend

Dans quelques jours, nous serons 28 élèves de l’UFR Culture et Communication à nous envoler pour les Emirats Arabes Unis. Pour la majorité d’entre nous, il s’agira de la première fois que nous découvrirons Abu Dhabi, Dubaï et Oman. Pourtant, chacun d’entre nous a déjà en tête une image préconçue de ces différents lieux. Luxe, modernité, fête, décors somptueux, traditions orientales… Voilà la représentation qui se dessine dans notre imaginaire. Proches, réseaux sociaux, influenceurs, médias et de nombreux autres intermédiaires ont contribué à construire dans nos esprits une image emblématique des Emirats.

Ainsi, nous avons souhaité mettre en exergue ici la représentation des Emirats dans les œuvres cinématographiques au travers de l’analyse d’une scène du film Sex and the City 2 sorti en 2010. Dans cet extrait, on retrouve les 4 protagonistes dans le désert et s’enchaînent de nombreux clichés qui se rapportent à l’image emblématique des Emirats construite par les médias, soulignant la tension entre tradition et modernité. Alors même que cette scène a été tournée au Maroc, à la frontière du Sahara !

Abu Dhabi : une représentation traditionnelle du Moyen-Orient 

Dans l’extrait que nous vous présentons, on peut dans un premier temps constater une représentation traditionnelle du monde oriental s’appuyant sur de nombreux détails plus ou moins flagrants.

Tout d’abord, on retrouve Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda pour une activité que l’on peut considérer comme « typique » des Emirats (et qu’on aimerait bien faire aussi !) : une balade en chameau suivie d’un repas dans le désert d’Abu Dhabi (du moins c’est ce que doit penser le spectateur). On nous offre d’ailleurs de très beaux plans des protagonistes au milieu du désert, mettant bien en valeur les dunes dorées et les quelques palmiers. Le grand soleil et la mention immédiate de la chaleur pesante sont évidemment au rendez-vous. Dès leur arrivée, les protagonistes sont accueillies non seulement par leurs servants personnels, vêtus de djellabas beiges et de cheichs blancs, mais aussi par plusieurs bédouins en tenues traditionnelles qui les attendent avec leurs chameaux. On y retrouve également des tentes en toile, lampes, coussins, vaisselle, théières… En bref, des couleurs aux détails du décor en passant par les activités et les personnages, tout dans cette scène est pensé pour intensifier cette vision traditionnelle du Moyen-Orient qui vient également se mélanger à la modernité.

Le Moyen-Orient vu à travers le prisme de la modernité 

La Bande Originale participe fortement à la construction de l’univers d’un film. Ici, pour ce deuxième volet de Sex & The City, la BO a été revisitée avec une touche orientale, donnant une importance et un rôle tout particulier au lieu où se déroule l’histoire. Les quatre femmes du scénario idéalisent dans un premier temps leur voyage aux Emirats Arabes Unis. La référence à Lawrence d’Arabie est explicite puisqu’elle est mentionnée dans les dialogues. Représentée par le personnage de Rikard, interprété par Max Ryan, elle est, elle aussi, modernisée. Il arrive en Jeep, habillé d’une chemise blanche et d’un cheich. Il est accueilli en héros, tout particulièrement par le personnage de Samantha alias Kim Cattrall.  

Rikard interprété par Max Ryan

Pour les garder dans ce rêve éveillé, c’est le luxe de Dubaï qui est mis en avant. Notamment avec les marques apparentes comme Dior ou les célèbres chaussures à semelles rouges de Louboutin. Lors de la scène de leur journée dans le désert, leur arrivée avec des tenues spécialement pensées pour leur aventure dans les dunes est filmée au ralenti , intensifiant davantage la notion du luxe de leur séjour. Les voitures Mercedes blanche avec toit panoramique contribuent à cette promenade onirique des américaines au Moyen-orient.

Repas des protagonistes dans le désert

Dans ce film hollywoodien, tous les stéréotypes liés au Moyen-Orient sont mélangés et assemblés dans les 2h26 du film. Le personnage de Samantha Jones trouvera par exemple que c’est une civilisation trop différentes des États Unis pour qu’elle y reste, empêchant le traditionnel Happy End des studios américains. Alors clichés ou réalité, c’est ce que nous tenterons d’explorer durant ces 9 jours de voyages. 

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