Après 9 jours passés dans la péninsule Arabique, nous voilà rentrés à Paris. Nous avons eu le temps de prendre du recul sur ce voyage et nous pouvons maintenant avoir un regard critique sur notre expérience. 

Avant ce voyage nous avions écrit un article sur l’hégémonie culturelle des Émirats arabes unis. Il nous semblait bon de revenir un instant dessus avec une approche différente dans la mesure où nous avons été confronté à la culture de ce pays pendant plus ou moins une dizaine de jours. 

Pour revenir sur ce que nous avions écrit dans notre précédent article. Le but était de questionner sur le phénomène des investissements émiratis dans la culture occidentale, notamment dans le patrimoine immobilier avec le théâtre impérial, Théâtre Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, et dans le sport avec les club de football du PSG et de Manchester City tous deux rachetés par le Qatar et Abu Dhabi. Ainsi, nous avions mis en lumière ce qu’impliquent ces investissements dans les questions de mémoires et de représentations. 

Durant ces 9 jours de voyage nous avons pu assister à des manifestations culturelles, dont certaines liées à la France comme la visite du Louvre à Abu Dhabi ou le festival Francofilm 2022. Et d’autres, liées au monde comme la sharjah art foundation ou l’exposition universelle 2020. 

Lors de la visite du Louvre à Abu Dhabi nous pouvons remarquer que nous sommes dans une nation très jeune qui est encore en construction et qui cherche à faire connaître son histoire au monde. Bien qu’assez légère en comparaison avec d’autres pays comme la France.  C’est pourquoi il y a cette importance de raconter et d’unir le peuple émirati sur cette histoire commune, ce qui explique en partie le culte de la personnalité autour de Zayed ben Sultan Al Nahyane, premier président des EAU. Ainsi, que la perpétuelle reconnaissance des pères fondateurs de l’État fédéral, à qui revient tout le mérite de la situation actuelle des Émirats.  Néanmoins, lors de cette visite il est clair que le processus de développement de l’hégémonie culturelle ne se fait pas que dans un sens. En effet, la France, avec ces différents évènements culturelles a l’ascendant sur le point de vue du soft power. De plus, le festival Francofilm participe à cette hégémonie culturelle française. Les Émirats prennent en exemple la France sur son rapport à la culture, mais cette inspiration semble dénuée d’âme et devient alors une démonstration de force. Abu Dhabi, capitale des Émirats, semble être un grand musée ou une vitrine du rapport à la culture qu’entretient le pays.

Ce que nous pouvons conclure de ce voyage et du rapport à la culture c’est la construction d’une histoire et d’un futur. Devenir un Jerusalem en paix semble être la volonté du pays. Je fais allusion au projet de “L’Abraham Family House. Un site qui accueillera une mosquée, une église et une synagogue. Un projet  qui suit la lignée des accords d’Abraham signé en 2020 et qui questionne notamment sur la situation des Palestiniens en Israël. 

Cette volonté d’être une terre d’accueil  se voit notamment à travers les musées comme le Louvre Abu Dhabi, l’exposition universelle ou le projet du Guggenheim museum à Abu Dhabi, qui devrait voir le jour en 2026. Mais aussi à travers les entreprises installées aux Émirats, notamment les grandes chaînes de restaurations.

La culture aux Émirats est à l’image de notre société actuelle. Elle est le reflet de la mondialisation. À travers le « tous” ils présentent le “nous” et essayent de développer une culture émirati qui s’appuie sur celle des différents pays avec lesquels ils entretiennent des relations. Les actions culturelles actuelles sont réfléchies pour durer dans le temps et intégrer dans les mémoires que les Émirats sont les États-Unis du monde arabe, une nation puissante ouverte sur le monde, pour le meilleur et pour le pire.  

Par Ilyes Derkaoui et Rodi Eken

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