Depuis plusieurs générations, les courses de dromadaires sont monnaies courantes aux Émirats Arabes Unis. Bien qu’insolites, ces courses — qui se déroulent dans le désert — font les beaux jours des cheiks. Zoom sur une activité qui évolue avec son temps.

Les robots comme solution à la maltraitance enfantine

Pendant longtemps, les cheikhs ont utilisé des petits garçons pour monter sur le dos des dromadaires. Plus petits et légers que les adultes, les enfants permettent à l’animal d’avancer plus vite et accroissent les chances de gagner. Très vite, un marché noir s’est organisé autour de cette activité. Les organisateurs sont allés chercher des enfants d’Oman, du Soudan puis d’Asie du Sud. Parfois vendus par leur famille contre une petite somme d’argent, ils suivent un entraînement intensif qui commence à l’âge de quatre ans. Peu nourris et maltraités, certains meurent suite à des blessures et sont enterrés clandestinement dans le désert. Grâce à la dénonciation de l’ONG Defence for Children International en 1993 et à la pression internationale, le gouvernement des Émirats Arabes Unis établit en 2005 une loi interdisant les enfants de moins de 16 ans et de moins de 45 kilos à concourir.

Alors que les cheikhs étaient dans l’obligatoire de trouver une alternative, l’avancée de la technologie est apparue comme une solution : Pourquoi ne pas supplanter les enfants par des robots ?

Le business des robots-jockeys

Sport très populaire aux Émirats Arabes Unis, il était impensable d’arrêter les courses de dromadaires pour autant, c’est comme ça que la tradition orientale rencontra les avancées technologiques et que des humanoïdes de métal ont été élaboré pour devenir des jockeys de qualité.

Comment ça marche ? Le système est relativement simple, à côté des pistes de courses, des voitures progressent au même rythme que les dromadaires. À leur bord, les propriétaires transmettent les ordres aux robots via une télécommande. C’est par le biais d’une enceinte installée dans l’androïde que chaque propriétaire peut dicter des consignes à sa monture et gérer sa course. Le bras droit du jockey se sert de la cravache ; le gauche contrôle les rênes.

Le prix des robots allant de 500 dollars à 5 000 dollars — pour les plus high-tech — il n’est pas surprenant de voir que ces courses attirent les cheiks les plus fortunés. Certains vont même jusqu’à débourser des centaines de milliers de dirhams chaque semaine pour leurs dromadaires. Un hobby surprenant et innovant qui représente finalement bien les Émirats Arabes Unis.

Syrine Plet et Elina Chabert

Sources :

  • Article du nouvel observateur, « Courses de dromadaires : des robots à la place des enfants » par Benoit Le Corre.  Publié le 21/11/2016.
  • Article de science et avenir AFP, « L’envers des courses de dromadaires montés par des robots au Qatar » par Karim Jafar. Publié le 06/05/2016.
  • Article de Paris Match, « Courses de dromadaires : Les robots jockeys nouveaux rois du désert » par Camille Hazard (reportage et interview) et Thierry Carpentier (vidéo). Publié le 28/11/2017.

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